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vendredi 18 janvier 2008

Blessure du genoux

Prévenir et traiter les syndromes rotuliens douloureux

Joël Poulain et Jean-Claude Gaillet, respectivement médecin du sport et podologue à la FFA, apportent leurs réponses aux questions posées par les syndromes rotuliens.

Le syndrome rotulien, c'est quoi ?
Cette pathologie se rencontre fréquemment chez le sportif, notamment le coureur de fond. Une douleur apparaît, après l'effort, à la partie antérieure du genou, provoquant une gêne, qui récidive lors de gestes sportifs répétitifs, ainsi que dans les escaliers (surtout en descente). Cette douleur s'accompagne souvent d'une hydarthrose (gonflement de l'articulation par sécrétion de liquide synovial), entraînant aussi une gêne postérieure. Il s’agit, dans le cas présent, d’un conflit entre la rotule et le fémur, lors du mouvement de flexion-extension du genou, différent d'une tendinite rotulienne (sous la pointe de la rotule).

Quels en sont les acteurs osseux ?
La rotule se centre dans la trochlée, entre les condyles fémoraux. Elle crée avec le fémur l’articulation fémoro-patellaire. La rotule est le plus grand os sésamoïde du corps humain (os inclus dans le tendon quadricipital devenant rotulien, il permet que celui-ci coulisse sans s'user). Elle sert de relais entre le très puissant muscle antérieur de la cuisse (le quadriceps) et l’insertion tendineuse sur la tubérosité tibiale antérieure. Elle dépend donc de la position du fémur par ses surfaces articulaires et de la position du tibia par l’insertion du tendon rotulien.
Des radiographies sont utiles pour rechercher une lésion ostéo-cartilagineuse.Quels mécanismes en sont la cause ?
Deux grandes causes sont retenues, parfois intriquées (syndrome rotulien mixte). Dans le cas du syndrome frontal, la rotule est douloureuse par anomalie de la statique frontale, plus fréquente chez les féminines : la rotule se trouve en déséquilibre, par une désaxation osseuse entre le fémur et le tibia, que l'on peut mesurer au scanner. Le déséquilibre est parfois d'origine musculaire, par exemple entre les vastes interne et externe du quadriceps.
L'anomalie classique est une rotation interne fémorale, avec un tibia en rotation ou torsion externe avec genu-varum et pieds valgus. La rotule, tributaire de la position de ces deux os, va donc se trouver en situation inconfortable. En effet sur une torsion tibiale externe, le pied se place naturellement en abduction nettement supérieure au 12° physiologique. Pour courir correctement, instinctivement, le coureur va paralléliser ses pieds, entraînant une rotation interne fémorale, avec strabisme convergent des rotules.
L’approche podologique, dans ce cas, visera à minimiser le valgus du pied pour limiter la rotation interne fémorale. On pourra également, avec des éléments externes, exercer une dérotation externe tibiale, toujours dans le but de ré harmoniser l’alignement fémoro-tibial et de prévenir les récidives. Dans d'autres cas, comme pour le syndrome sagittal, il n'y a pas d'anomalie évidente de la statique frontale : on note souvent un quadriceps déficitaire (ou hypertonique), ou une raideur des ischio-jambiers.

Quels sont les traitements proposés ?
Les soins médicaux visent à diminuer la douleur et l'hydarthrose, afin de permettre une rééducation efficace.
Au repos initial (avec entretien musculaire par tonification du quadriceps, balnéothérapie et natation s'il n'y a pas d'hydarthrose), on associe des antalgiques et de l'Aspirine par voie orale, ainsi que des moyens locaux : anti-inflammatoires, mésothérapie, contention par strapping, et parfois genouillère fenêtrée lors de la réadaptation à l'effort.
La prise en charge par le masseur kinésithérapeute doit être adaptée à la morphologie du sportif et au syndrome en cause. Le massage atténue des points douloureux et prépare les étirements. La physiothérapie constitue un appoint important pour diminuer l'hydarthrose. Le renforcement musculaire du vaste interne et l'apprentissage d'étirements sont à poursuivre quotidiennement. La cryothérapie conclut chaque séance.
Le traitement chirurgical sera parfois proposé, en l'absence de résultats probants du traitement médical et rééducatif, dans certains syndromes rotuliens frontaux.

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