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vendredi 1 août 2008

Pronostics de Diagana : « 3 ou 4 médailles pour l’athlétisme français »

Pour l’ancien champion du monde du 400 mètres haies Stéphane Diagana, « les sportifs ont le devoir de rappeler quelles sont leurs valeurs » à Pékin.
L’équipe de France d’athlétisme rentrera-t-elle bredouille de Pékin ?

Stéphane Diagana. Les choses ne se présentent pas de manière très heureuse à cause de quelques soucis de préparation. Mais il faut garder l’espoir. Dans l’ambiance particulière des JO, certains athlètes sont capables de hausser le ton au bon moment. De plus les épreuves d’athlétisme commencent une semaine après l’ouverture des Jeux. Ça laisse encore du temps de bien se mettre au niveau international. Les voyants sont plutôt au vert pour Mehdi Balaa et je ne me fais pas trop de souci pour Leslie Djhone qui est en mesure de viser le podium. D’autres qu’on a moins vu cette saison comme Bouabdellah Tahri (recordman de France du 3 000 m steeple - NDLR) ou Romain Mesnil (record personnel à la perche 5,95 m - NDLR), peuvent tirer leur épingle du jeu. Sans oublier la marche. La France a obtenu deux médailles à Athènes. Moins, ce serait une déception. Trois ou quatre médailles, ce serait exceptionnel !

La pollution à Pékin ne risque-t-elle pas d’influer négativement, voire de fausser les compétitions ?

Stéphane Diagana. On a parlé effectivement pendant un moment de délocaliser ou même d’annuler des épreuves comme le marathon. Ce sera aux autorités sur place d’évaluer le risque qu’une éventuelle persistance de la pollution fait courir sur la santé des sportifs et pas aux athlètes qui se sont préparés pendant quatre ans et qui n’ont qu’une hâte : participer quelles que soient les conditions. S’il y a des risques, je pense qu’il ne faudrait pas hésiter à reporter ou à annuler l’épreuve pour protéger l’athlète de lui-même. Ceux qui souffrent d’allergie devront écourter leur séjour. Ceux qui vont rester trois semaines ressentiront peut-être une gêne au quotidien. Mais ce sera le lot de tous.

Vous attendez-vous à ce que beaucoup d’athlètes s’expriment sur des questions politiques durant les Jeux ?

Stéphane Diagana. Je ne pense pas que les athlètes éprouvent plus ou moins que d’autres le besoin de s’exprimer sur le plan politique. Par contre, ils ont le devoir de rappeler quelles sont leurs valeurs dans un contexte où ils ne veulent pas être instrumentalisés ou servir des valeurs qui ne sont pas les leurs. Que l’on s’exprime individuellement ou collectivement, c’est à chacun de voir selon sa conscience et les circonstances. Mais il faut bien comprendre que, lorsqu’on s’est préparé pendant quatre ans et parfois plus, il est très difficile de prendre le risque de se faire exclure des Jeux. Après les épreuves ou sur le podium, peut-être peut-on s’exprimer. Mais je ne m’attends pas à ce que beaucoup d’athlètes sabotent eux-mêmes leurs propres efforts et ce qu’il peut y avoir au bout.

Le président de la République fait-il bien de participer à la cérémonie d’ouverture ?

Stéphane Diagana. La position du président Sarkozy était de réserver sa réponse en fonction de l’évolution de la situation au Tibet. S’il a obtenu des choses à ce sujet, il fait bien d’y aller. Pour les sportifs, le positionnement n’est pas seulement par rapport au Tibet, mais aussi par rapport à la question suivante : est-ce bien conforme d’amener un évènement qui contient tant de valeurs dans une société qui semble contenir, elle, tant de valeurs opposées ? On peut espérer que, sur plan là aussi, celui des droits de l’homme, le président a obtenu quelque chose qui mérite peut-être pour l’instant de rester secret. Si ce n’est pas le cas, c’est dommage de ne pas avoir dit dès le début de la polémique qu’il irait en Chine pendant les JO.

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